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Le Climat

Une composante essentielle de la Normandie

    La Normandie n'est pas réputée pour être une région ensoleillée, même si parfois il y a de belles journées. C'est ce que Maupassant a voulu évoquer dans quelques unes de ses œuvres, montrant l'aspect plutôt violent de l'air normand.

    Dès le début d'Une Vie, Maupassant plonge le lecteur dans l'atmosphère humide de la Normandie; « L'averse, toute la nuit, avait sonné contre les carreaux et les toits. Le ciel bas et chargé d'eau semblait crevé, se vidant sur la terre, la délayant en bouillie, la fondant comme du sucre. Des rafales passaient, pleines d'une chaleur lourde. Le ronflement des ruisseaux débordés, les rues désertes ou les maisons, comme des éponges, buvaient l'humidité qui pénétrait au dedans et faisait suer les murs de la cave au grenier. » Après avoir présenté les personnages, de nouveau l'auteur évoque la pluie, ce qui montre bien son caractère incessant. « Et la pluie, tombant sans répit depuis la veille au soir, était le premier gros chagrin de [Jeanne]. (...) mais peu à peu, la violence de l'averse diminuait; puis ce ne fut plus qu'une sorte de brume, une très fine poussière de pluie voltigeant. la voûte des nuées semblait s'élever, blanchir; (...). » Le temps, dans ce premier chapitre semble influer sur le comportement des personnages, comme un paysage état-d'âme.

    Le vent et le froid ont aussi leur place dans l'œuvre normande de Maupassant, notamment dans le petit conte Amour. « ..., ce vent chargé de froid, qui déchire la chair comme des scies, la coupe comme des lames, la pique comme des aiguillons empoisonnés, la tord comme des tenailles, et la brûle comme du feu. » « Il gelait à fendre les pierres. (...) C'était une de ces nuits où la terre semble morte de froid. L'air gelé devient résistant, palpable, tant il fait mal; aucun souffle ne s'agite; il est figé, immobile, il mort, traverse, dessèche, tue les arbres, les plantes, les insectes, les petits oiseaux eux-mêmes qui tombent des branches sur le sol dur, et deviennent durs aussi, comme lui, sous l'étreinte du froid. »

    Enfin, au début de L'ivrogne, Maupassant évoque la violence du littoral, la violence de la tempête. « Le vent du nord soufflait en tempête, emportant par le ciel d'énormes nuages d'hiver, lourds et noirs, qui jetaient en passant sur le terre des averses furieuses. La mer démontée mugissait et secouait la côte, précipitant sur le rivage des vagues énormes, lentes et baveuses, qui s'écroulaient avec des détonations d'artillerie. Elles s'en venaient tout doucement, l'une après l'autre, hautes comme des montagnes, éparpillant dans l'air, sous les rafales, l'écume blanche de leurs têtes ainsi qu'une sueur de monstres. l'ouragan s'engouffrait dans le petit vallon d'Yport, sifflait et gémissait, arrachant les ardoises des toits, brisant les auvents, abattant les cheminées, lançant dans les rues de telles poussées de vent, qu'on ne pouvait marcher qu'en se tenant au mur, et que les enfants eussent été enlevés comme des feuilles et jetés dans les champs par-dessus les maisons. »

    Dans ses dernières années, Maupassant ne supportait plus l'humidité et le froid de la Normandie. Dans Première neige, il évoque les corbeaux, leur vacarme et leur aspect lugubre. Sa mère se plaignait d'ailleurs de ces volatiles qui l'empêchait de dormir à Miromesnil.

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