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    Raconter la vie de Guy de Maupassant, c'est déjà faire l'histoire de son œuvre. En effet, ses livres sont le reflet de sa vie, qu'ils suivent d'étape en étape. Il faut dire que sa vie fut belle dans sa rapidité, inquiète et douloureuse. Toute l'œuvre de Maupassant s'explique par une peur extrême de la mort, qui l'étreignit lentement, de façon implacable, et qui se mêle chez lui aux sensations les plus violentes de la vie.

    Le double aspect de la Normandie, agraire et maritime, se révèle en lui. C'est une fortune pour un artiste de se trouver en si parfait accord avec le pays dont il va tirer la substance. Terre féconde, la Normandie ne manque de rien, ni de produits du sol, ni du travail de l'esprit. Les Normands se distinguent tant sur les plans militaire, économique, que politique. De Corneille à Flaubert et à Maupassant, la France doit à cette belle région quelques uns de ses meilleurs écrivains.

    Maupassant est un pur Normand. Il l'est physiquement, par sa carrure et sa force, moralement par « l'orgueil-naïf » :

« Orguillos sunt Normant e fier,
E vanteor, e bonbancier... »
in Roman de Rou
de Robert Wace


    Être cauchois du littoral, c'est être deux fois Normand, et c'est ainsi que nous apparaît Maupassant.


    La Haute-Normandie se distingue des pays bas normand par son altitude mais aussi par sa position nord : vallée d'Auge, Bocage, Bessin. La Seine rampe parmi les coteaux, et les falaises montrent leur craie blanche. Il n'y a aucun détail que Maupassant n'ait observé. En effet, nous le verrons, Guy de Maupassant est un observateur. Il retiendra de la Normandie, autant la côte, le plateau que les mœurs des habitants. Ainsi son œuvre se pose comme une fidèle reproduction de son pays natal...

    Maupassant semble donc plus que lié à cette Normandie. A son sujet, il dit : « J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air lui-même. J'aime ma maison où j'ai grandi. De mes fenêtres, je vois la Seine qui coule le long de mon jardin, derrière la route, presque chez moi, la grande et large Seine, qui va de Rouen au Havre, couverte de bateaux qui passent... »

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